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Maintes fois reporté, le débat sur la réforme de la dépendance va être entamé dans les semaines à venir. Le financement de la perte de l’autonomie sera au cœur des débats.


La question centrale du reste à charge pour les familles, raison première de la réforme, ne sera pas le seul sujet mis sur la table, puisque les termes du débat sont nombreux – qualité de l’accompagnement, lieu de résidence des personnes âgées, lisibilité, organisation et gouvernance du système…
Six mois ne seront pas de trop afin de définir une prise en charge efficace et équilibrée des personnes dépendantes, dans le respect de leur dignité. En effet, la CFDT revendique une prise en charge universelle de la perte de l’autonomie, c’est-à-dire sans limite d’âge. Cela suppose un regroupement des prestations attribuées aux personnes âgées et de celles dont bénéficient les personnes en situation de handicap.
Un tel scénario était envisagé par les pouvoirs publics en 2007, mais, devant le coût qu’il représente, il semble aujourd’hui mis de côté. Aujourd’hui, (l’Apa aide personnalisée d’autonomie) est réservée aux personnes de plus de 60 ans.

La perte d’autonomie, un risque finançable
Bien entendu, le coût de la dépendance sera le point névralgique du débat qui s’ouvre. Le ministre du Budget a estimé à 30 Md€ par an le besoin de financement de l’aide à l’autonomie. Les dépenses étaient de 22 Md€ en 2009. « Le défi financier est à relativiser, observe Véronique Descacq, secrétaire nationale de la CFDT chargée du dossier.
Même si cette somme évolue significativement, elle doit être comparée aux 261 Md€ versés en 2009 au titre des pensions de retraite. La perte d’autonomie est un risque finançable. » Cependant, à long terme, le véritable coût de la dépendance se révèle très délicat à estimer. Beaucoup d’incertitudes pèsent sur l’évolution du nombre d’individus concernés.
Actuellement, 1,1 million de personnes bénéficient de l’Apa, soit 6,7 % des 16,4 millions de personnes de plus de 60 ans. La proportion de personnes âgées en bonne santé continue de croître, mais le nombre de personnes

 

dépendantes augmente également avec la hausse de l’espérance de vie. Mais pour la CFDT, dans l’immédiat, il s’agit de trouver « un financement mutualisé, solidaire et pérenne ».
Qui plus est.le recul de l’âge du taux plein de 65 à 67 ans ou encore la restriction des conditions d’accès au minimum garanti dans les fonctions publiques pénalise particulièrement l’ensemble des femmes qui ont connu les parcours les plus précaires.

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Les actions du collectif « Pas de bébés à la consigne! » mettent au jour la crise du secteur de la petite enfance. Les professionnels dénoncent les mesures prises par le gouvernement pour augmenter artificiellement le nombre de places disponibles.


Depuis plusieurs mois, le collectif «Pas de bébés à la consigne!» se mobilise afin d’obtenir du gouvernement «une politique publique ambitieuse pour la petite enfance». Partout en France, des mobilisations ont encore eu lieu le 16 juin dernier pour alerter l’opinion publique. Pris en étau entre des familles qui ont uri besoin urgent de solution de garde de leurs enfants et le souci de défendre la qualité et la spécificité de leur travail, les professionnels de la petite enfance dénoncent la politique comptable menée aujourd’hui par le gouvernement.
Tout le monde, ou presque, tombe d’accord sur le constat suivant: la France doit absolument développer les modes de garde des jeunes enfants, notamment pour améliorer le taux d’emploi féminin dans notre pays. Aujourd’hui, une femme sur deux doit s’occuper elle-même de son/ses enfant(s) en bas âge. Pour certaines d’entre elles, c’est un véritable choix; pour beaucoup d’autres, il s’agit d’une décision motivée par l’aspect financier.
Faute d’obtenir des places dans une structure adaptée, les femmes qui perçoivent un petit salaire se voient très souvent contraintes à mettre leur vie professionnelle entre parenthèses jusqu’à l’entrée en maternelle de leur(s) enfant(s). On connaît les difficultés qu’éprouvent ces femmes pour retrouver ensuite un emploi – et l’impact d’une telle situation sur le niveau de leur retraite.

Bientôt 500 000 places nécessaires?
Si l’urgence de trouver des solutions pour assurer la garde des enfants est unanimement admise, les solutions pour y parvenir sont loin de faire consensus. Les experts estiment que la France a besoin de 350 QOO places d’accueil supplémentaires pour couvrir les besoins actuels. Et ce nombre pourrait très rapidement friser les 500000 si la scolarisation des enfants de 2 ans continue de baisser au rythme actuel. Au sein de la Cnaf (Caisse nationale d’allocations familiales), la CFDT s’est battue avec succès afin d’augmenter les financements à destination des crèches, mais les effets sont à peine visibles. « Nous sommes dans une situation paradoxale, explique Yves Vérollet, secrétaire confédéral. L’augmentation du nombre de places dans les crèches ne fait que compenser la baisse de la scolarisation à 2 ans. La situation globale ne s’est donc guère améliorée malgré les efforts fournis. »

Le gouvernement – qui s’est engagé à créer 200 000 places pour les tout-petits d’ici à 2012 – cherche de son côté à augmenter les capacités d’accueil dans l’urgence et à moindre coût. En autorisant les assistantes maternelles à s’occuper de quatre enfants de moins de 3 ans (au lieu de trois bambins auparavant), il a ainsi pu annoncer la création de 50 000 places. Il a également assoupli les conditions d’accueil dans les crèches et autorisé le regroupement des assistantes maternelles, qui pourront alors accueillir des enfants au sein de structures beaucoup plus souples que les crèches traditionnelles.

Ne pas sacrifier la qualité de l’accueil.
Selon la CFDT, qui soutient l’action du collectif” Pas de bébés à la consigne!” (La Fédération Interco en fait notamment partie), la qualité de l’accueil ne peut être considérée comme une variable d’ajustement pour combler le manque criant de structures. « Nous privilégions le mode d’accueil en crèche – qui répond le mieux aux besoins des familles, et particulièrement des familles modestes, souligne Véronique Descacq, secrétaire nationale chargée de la famille. Pour autant, il est indispensable de valoriser le travail de l’ensemble des professionnels de la petite enfance. Le développement de modes d’accueil de qualité est au cœur de notre projet de société. Il conditionne l’accès des femmes à l’emploi, la professionnalisation des métiers de services ou bien encore le bien-être et le développement des enfants. Le gouvernement, en gérant le dossier une fois encore avec une approche comptable, ne semble pas avoir pris toute la mesure de l’enjeu. »

 

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Thème créé par Ulric SAÏZ