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MODE D'EMPLOI Malgré la complexité du dossier et l'importance des enjeux, le gouvernement a choisi de réformer les retraites via une procédure accélérée au Parlement. Explications.



Deux mois! Alors que le débat sur les retraites commence à peine à l’assemblée nationale, le gouvernement annonce déjà le vote définitif de la loi pour la fin du mois d’octobre. En fixant un tel calendrier aux députés et aux sénateurs, l’exécutif affiche son intention de passer en force en tentant d’empêcher tout débat serein et constructif dans les deux hémicycles. Pour tenir ces délais, le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que d’utiliser la procédure accélérée. Un comble pour un président qui avait fait voter une loi au début de son quinquennat pour revaloriser le rôle et la place du Parlement dans notre démocratie.

Le travail des parlementaires est donc extrêmement fléché. Du 7 au 15 septembre (50 heures de débats sont prévues), les députés vont voter à l’Assemblée, amendement par amendement, le projet de loi. Ce texte sera ensuite examiné par la Commission des affaires sociales du Sénat. Entre le 4 et le 5 octobre, il sera débattu et voté par les sénateurs au palais du Luxembourg. Comme il s’agit d’une procédure accélérée, il n’y aura qu’un seul examen du texte par les députés et les sénateurs. Si ces derniers modifient le projet de loi voté par les députés, une commission mixte paritaire – composée de 7 députés et de 7 sénateurs -se réunira pour se mettre d’accord. Et si les députés et les sénateurs n’y parviennent pas, ce sont les députés qui auront le dernier mot.

À l’heure où nous mettons sous presse (au lendemain de la manifestation nationale du 7 septembre), seuls le projet de loi du gouvernement et les amendements des députés, tous partis politiques confondus, sont connus. Ceux issus des rangs de la majorité, s’ils étaient adoptés, ne conduiraient pas à une modification en profondeur de cette réforme, Cela ne signifie pas pour autant que le projet est figé. Les sénateurs peuvent encore déposer des amendements. De plus, le gouvernement a la possibilité, à n’importe quel moment au cours des débats à l’assemblée comme au Sénat, d’intervenir sur le texte. Tout au long du processus parlementaire, la mobilisation des salariés peut donc permettre de faire évoluer la réforme.

Jérôme Citron

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Que ce soit à Paris ou en province, les salariés se sont très fortement mobilisés le 24 juin contre la réforme des retraites. Face à l’injustice de cette réforme brutale, les militants et adhérents CFDT étaient très largement présents dans les cortèges.


« Les chiffres qui nous remontent de toutes les manifestations nous montrent que les deux millions sont certainement atteints, ce qui veut dire que c’est la plus grosse manifestation de l’année. Cela montre que le sentiment d’injustice face à cette réforme brutale monte très fort dans le pays. » Le verdict de François Chérèque est sans appel : les salariés ont répondu en masse à l’appel à mobilisation contre le projet injuste de réforme des retraites présenté par le gouvernement. Pour le secrétaire général de la CFDT, « quand les gens se rendent compte que la communication cache des injustices, inévitablement on a la réaction que l’on a aujourd’hui ».

Réforme alternative
L’importance de la mobilisation démontre que « les gens ne sont pas résignés », comme semblait l’espérer le gouvernement. Au contraire, « le gouvernement doit se rendre compte qu’il faut une réforme alternative, c’est-à-dire réécrire profondément cette réforme pour qu’elle soit plus juste », assure François Chérèque. Et de préciser : « les gens ne manifestent pas contre le changement mais contre cette réforme injuste ».Prochaine étape pour la CFDT : « peser aussi sur l’étape parlementaire : On va dire à nos militants cet été: allez rencontrer vos députés », explique François Chérèque, avant de conclure : « Les députés, il va falloir qu’ils aillent regarder leurs électeurs les yeux dans les yeux ».

 

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Thème créé par Ulric SAÏZ