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Depuis le 1er juillet, la borne des 60 ans a disparu.
À raison de quatre mois par année, la loi prévoit le recul de l'âge minimal de départ à la retraite à 62 ans d'ici à 2016.
Cette mesure emblématique de la réforme s'accompagne d'autres changements majeurs. Tour d'horizon des nouvelles dispositions liées à la loi promulguée le 10 novembre 2010.


Huit mois après le vote de la loi portant réforme des retraites — particulièrement contestée, tant par la population que les organisations syndicales —, les salariés sont percutés concrètement par ladite réforme. Depuis le 1er juillet dernier, la borne des 6o ans a bel et bien disparu pour la très grande majorité des salariés. La génération née entre le 1er juillet et le 31 décembre 1951 est ainsi la première à être touchée. Elle doit aujourd’hui attendre quatre mois supplémentaires afin de faire valoir ses droits à la retraite. La loi prévoit une transition rapide et brutale (voir le tableau ci-contre), vers de nouvelles bornes d’âge : 62 ans (possibilité de prendre sa retraite) et 67 ans (annulation de la décote pour les salariés qui n’ont pas réuni tous leurs trimestres).

Pour sa part, le principe de la surcote n’a pas été modifié. Cette majoration de la pension de retraite de base — dont bénéficient les assurés qui continuent de travailler au-delà de l’âge légal de la retraite et au-delà de la durée d’assurance nécessaire pour une retraite à taux plein — reste fixée à 5 % de pension en sus par année supplémentaire travaillée.

Parallèlement au décalage des bornes d’âges, des mesures complémentaires ont été votées, qui vont, elles aussi, avoir progressivement des conséquences sur les droits à la retraite des salariés. Outre le nouveau dispositif de retraite anticipée pour pénibilité (lire l’article ci-contre), plusieurs points cruciaux de la réforme sont à garder en mémoire dans l’optique de bien comprendre la nature des changements.

Exceptions au recul de l’âge de départ sans décote à 67 ans

Certaines catégories de salariés pourront bénéficier du maintien de l’âge du taux plein à 65 ans.

  • Les salariés handicapés, des parents d’enfants handicapés bénéficiant d’un trimestre au titre de la majoration de durée d’assurance pour enfant handicapé, des personnes ayant interrompu leur activité professionnelle en raison de leur qualité d’aidant familial.
  • Les personnes nées entre 1951 et 1955 ayant eu ou élevé trois enfants et interrompu ou réduit leur activité professionnelle afin de se consacrer à l’éducation d’un enfant pourront faire valoir leur droit à la retraite à 65 ans à taux plein, à condition d’avoir interrompu leur activité au moins un an après la naissance d’un des enfants. L’âge d’ouverture du droit à l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées, ex-minimum vieillesse) est maintenu à 65 ans.
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Premiers résultats de l'enquête de la CFDT Cadres


La CFDT cadres a piloté de mai à septembre, avec la collaboration de l’Uffa, une enquête auprès des cadres et des personnels exerçant des missions d’encadrement dans la Fonction publique : État, Territoriale et Hospitalière. Une initiative qui entre en résonnance avec notre Résolution fédéra­le… Les résultats présentés ici dressent un premier état des lieux.

Le but de l’enquête de la CFDT Cadres (un questionnaire en ligne), était de l’impact des réorganisations, restructurations et/ou fusions sur le management, le contenu du métier et son évolution, les relations professionnelles, la perception de l’avenir.
Cette action prend toute sa place dans l’application de la Résolution du congrès de la CFDT santé sociaux de mai 2009 et la thématique des identités professionnelles qu’elle y a développé.

 

Une grande majorité des réponses proviennent de la FPH
Bien que la Fédération ait souhaité étendre l’enquête à tout son champ d’action (public, associatif, lucratif et libéral), ce sont essentiellement les agents de la Fonction publique hospitalière (95 %), exerçant dans un établissement sanitaire (78 %) qui ont répondu. La moitié sont des soignants, 37 % des cadres administratifs, 7 % des cadres techniques et 6 % des cadres éducatifs. 60 des répondants travaillent dans des établissements de plus de 1 000 salariés. Une première lecture montre que 40 des cadres ont en charge des équipes de plus de 50 personnes. Par contre, les cadres « experts » sont minoritaires (8 %).
Quatre domaines ont été explorés : le travail, l’environnement de travail, le management et la réforme.
La grande majorité des répondants dit avoir reçu les formations nécessaires pour assumer ses fonctions d’encadrement, mais cela s’explique par la forte proportion de cadres soignants qui a répondu et ne met pas en lumière le défaut de formation décrit par ailleurs, sur les autres filières, administrative et technique notamment.

Formation et environnement de travail Cependant, pour les personnes interrogées, même quand la formation existe, son contenu doit s’adapter aux évolutions du métier et être plus conséquente en termes de gestion du personnel et de management. L’apprentissage se fait « sur le tas » ou est complété par un Master en management, qui n’est ni reconnu, ni valorisé.

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Nous l'avons dit, la réforme des retraites telle qu'elle est proposée par le gouvernement est profondément injuste et inefficace à long terme. Parmi nos critiques les plus vives, est dénoncé le peu de cas que l'on fait des femmes.


Une durée de carrière en moyenne plus courte-des salaires plus faibles, une instabilité dans l’emploi plus marquée (temps partiel, cumul de CDD …) génèrent un creusement des inégalités de revenus au détriment des femmes lors du départ à la retraite. Pour des raisons liées à la vie familiale, 30 % des femmes connaissent des interruptions dans leur parcours professionnel. En 2004, seulement 44 % des femmes retraitées avaient validé une carrière complète … contre 86 % des hommes. Les droits familiaux de retraite, s’ils représentent près du quart des sommes affectées à la politique familiale, ne corrigent que très imparfaitement ces inégalités.

Les pensions de retraite perçues par les femmes restent, aujourd’hui encore, nettement inférieures à celles des hommes: 1020 euros en moyenne pour les femmes contre 1636 euros pour les hommes.

Aussi, la correction des inégalités de niveau de retraite entre les hommes et les femmes passe-t-elle d’abord par la lutte contre les discriminations salariales, le développement de l’égalité professionnelle et une politique familiale plus active, renforçant les possibilités de conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle. C’est également l’ensemble des droits familiaux de retraite qui doivent être réexaminés afin d’augmenter les redistributions en direction des basses pensions, qui sont souvent celles versées aux femmes.

Alors, comment se satisfaire d’une réforme qui se limite sur ce sujet à deux mesures: un dispositif de sanction en l’absence de rapport annuel de situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes, et une prise en compte des indemnités journalières liées au congé maternité dans le calcul des droits à la retraite?

Qui plus est.le recul de l’âge du taux plein de 65 à 67 ans ou encore la restriction des conditions d’accès au minimum garanti dans les fonctions publiques pénalise particulièrement l’ensemble des femmes qui ont connu les parcours les plus précaires.

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Thème créé par Ulric SAÏZ