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Vous trouverez, via le lien ci-dessous, une tribune co-signée par François Chérèque, Claude Alphandéry, Dounia Bouzar, Jean-Paul Delevoye, Jacques Delors, Jean-Baptiste de Foucauld et Patrick Viveret intitulée « Réveillez-vous, la démocratie recule ! ». Cette tribune est parue sur lemonde.fr.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/12/reveillez-vous-la-democratie-recule_1680625_3232.html





Dans un long entretien accordé aux Echos en date du 30 mars 2012, François Chérèque fait le point sur la stratégie de la CFDT dans le contexte de la présidentielle.

Vous rencontrez ce vendredi Jean-Luc Mélenchon, après avoir vu François Bayrou, François Hollande et Eva Joly. Quid de Nicolas Sarkozy ?

Je n’ai pas de réponse. J’ai demandé à rencontrer tous les candidats issus de partis de gouvernement, afin d’exprimer les priorités de notre syndicat dans une démarche normale de dialogue, mais le chef de l’Etat ne m’a pas proposé de rendez-vous, contrairement à 2007. On ne m’a pas donné d’explication.

J’avais souhaité que ces rencontres se tiennent avant le début du mois d’avril afin de ne pas interférer avec la fin de la campagne électorale. Mais peut-être cette interview va-t-elle accélérer les choses…

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Le verdict est tombé le 24 août 2011 avec l’annonce du plan de rigueur. « Traiter ce dossier dans l’urgence ne serait pas responsable » a indiqué le Premier ministre. « En accord avec Madame BACHELOT [Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale], nous avons choisi de continuer à travailler sur le dossier de la dépendance ». Exit par conséquent ce grand chantier du quinquennat qui aura connu entre autres six mois de débat-concertation en 2008 et autant en 2011. Depuis 2007, le Président de la République aura réussi le tour de force d’annoncer très régulièrement une réforme imminente sans amorcer l’élaboration de la moindre mesure en 4 ans et demi ! « Nous ne pouvons plus attendre » disait-il le 8 février 2011 devant le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), en annonçant un projet de loi dans l’été.

La CFDT est en complet désaccord avec ce renoncement.
Au contraire, devant le Premier ministre, François CHEREQUE a défendu l’idée « d’une réforme ambitieuse de la dépendance, comme promis au début du quinquennat. Son financement est possible par une taxation des donations et successions et l’alignement du taux supérieur de CSG des retraités sur celui des actifs. Cette réforme permettrait de soutenir, voire de développer les emplois à domicile. »

De février à juin, les travaux des groupes interministériels, l’avis du CESE, ceux des Hauts conseils (Maladie et Famille), les débats départementaux et interrégionaux ont établi des constats la plupart du temps convergents sur l’état des lieux et émis aussi de nombreuses propositions que le gouvernement pouvait utiliser en fonction de ses choix. Dès le printemps, la Ministre des Solidarités Roselyne BACHELOT avait promis des « mesures d’urgence », représentant un milliard d’euros, qui devaient figurer dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012, débattu à l’automne.

Le 30 juin, elle disait réfléchir à trois pistes pour le financement : les deux proposées par le CESE (taxe sur successions et donations et réaménagement de la CSG des retraités). Elle en rajoutait une troisième, l’introduction d’une  deuxième journée de solidarité, proposition que le CESE avait au demeurant clairement rejetée.

Et maintenant ?
Les travaux menés dans le cadre du débat national ont largement confirmé les réflexions que nous avons menées (note BN, débat au CNC) : si les aspects financiers ne doivent pas être négligés, la question centrale est celle de l’organisation du parcours de soins et d’accompagnement des personnes. Tous les rapports et avis, en particulier celui du CESE ont placé cette question en priorité avec celle de la prévention. Pour le gouvernement, au-delà des problèmes budgétaires, les débats du printemps le conduisaient donc à s’attaquer à l’organisation de l’offre sanitaire et à sa coordination avec le médico-social et le social. Il n’est pas sûr qu’il y fût prêt.

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Que ce soit à Paris ou en province, les salariés se sont très fortement mobilisés le 24 juin contre la réforme des retraites. Face à l’injustice de cette réforme brutale, les militants et adhérents CFDT étaient très largement présents dans les cortèges.


« Les chiffres qui nous remontent de toutes les manifestations nous montrent que les deux millions sont certainement atteints, ce qui veut dire que c’est la plus grosse manifestation de l’année. Cela montre que le sentiment d’injustice face à cette réforme brutale monte très fort dans le pays. » Le verdict de François Chérèque est sans appel : les salariés ont répondu en masse à l’appel à mobilisation contre le projet injuste de réforme des retraites présenté par le gouvernement. Pour le secrétaire général de la CFDT, « quand les gens se rendent compte que la communication cache des injustices, inévitablement on a la réaction que l’on a aujourd’hui ».

Réforme alternative
L’importance de la mobilisation démontre que « les gens ne sont pas résignés », comme semblait l’espérer le gouvernement. Au contraire, « le gouvernement doit se rendre compte qu’il faut une réforme alternative, c’est-à-dire réécrire profondément cette réforme pour qu’elle soit plus juste », assure François Chérèque. Et de préciser : « les gens ne manifestent pas contre le changement mais contre cette réforme injuste ».Prochaine étape pour la CFDT : « peser aussi sur l’étape parlementaire : On va dire à nos militants cet été: allez rencontrer vos députés », explique François Chérèque, avant de conclure : « Les députés, il va falloir qu’ils aillent regarder leurs électeurs les yeux dans les yeux ».

 

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Thème créé par Ulric SAÏZ